L’astigmatisme correspond à une déformation de la cornée ou du cristallin qui empêche les rayons lumineux de converger correctement sur la rétine. L’image devient floue, déformée ou dédoublée, de loin comme de près. Ce trouble visuel peut être isolée ou associé à une myopie ou une hypermétropie. Ces dernières années, sa prise en charge chirurgicale s’est considérablement affinée, rendant possible une correction pérenne dès que la vision se stabilise.
Stabilisation de la réfraction avant l’opération de l’astigmatisme
Avant toute chirurgie, le paramètre déterminant reste la stabilité de la correction optique. L’opération de l’astigmatisme n’est envisagée que lorsque la réfraction ne varie plus depuis au moins un an. Cette stabilisation intervient en général entre 20 et 25 ans, âge auquel la cornée a atteint sa maturité biomécanique.
En parallèle, la topographie cornéenne et une pachymétrie permettent de confirmer la régularité de la surface et l’épaisseur suffisante pour un remodelage au laser. Chez les jeunes adultes, un contrôle répété des mesures évite d’intervenir sur un astigmatisme encore évolutif.
Adolescence et jeune âge : privilégier la correction optique
Avant 18 ans, pour ce trouble visuel, la chirurgie réfractive n’est pas recommandée. En effet, à cet âge, la croissance oculaire se poursuit encore, et la courbure cornéenne n’est pas encore stabilisée. Le port de lunettes ou de lentilles toriques reste alors la référence pour compenser l’astigmatisme.
Cependant, dans certains cas particuliers (traumatismes, intolérance sévère aux lentilles, anisométropie importante), une opération peut être envisagée, mais toujours sous encadrement strict de l’ophtalmologue et avec un suivi post-opératoire régulier.
De 20 à 40 ans : la période la plus favorable pour se faire opérer
C’est entre 20 et 40 ans que les patients désireux de passer à la chirurgie de l’astigmatisme présentent les meilleures conditions anatomiques et visuelles. Les techniques comme le Lasik, le SMILE ou la PKR permettent ainsi d’excellents résultats pour les astigmatismes faibles à modérés.
Sur ce plan, le choix de la méthode dépend du profil cornéen, de l’épaisseur disponible et du degré de correction à réaliser. Le Lasik reste la référence pour les corrections combinées myopie-astigmatisme, alors que le SMILE convient dans certains cas en raison de son incision minimale et sa préservation nerveuse.
La PKR, en surface, est de son côté privilégiée quand la cornée est fine ou présente des particularités topographiques. Dans tous les cas, la décision de l’ophtalmologue repose sur une analyse personnalisée intégrant les mesures de kératométrie, la biométrie et la dominance oculaire.
Après 45 ans : l’importance de la presbytie associée
Passé 45 ans, la correction de l’astigmatisme doit être envisagée en tenant compte de la presbytie naissante ou déjà installée. Le chirurgien oriente alors vers une chirurgie réfractive combinée. Il s’agit par exemple d’une correction laser adaptée à la vision de loin et un réglage différencié pour l’autre œil. Il peut aussi choisir la pose d’implants toriques lors d’une chirurgie de la cataracte.
Les implants intraoculaires permettent en effet de traiter simultanément l’astigmatisme et le trouble de la vision de près lié à l’âge, avec une grande précision de correction.
Opération de l’astigmatisme : un acte à programmer au bon moment
L’âge idéal pour opérer l’astigmatisme dépend donc moins du calendrier biologique que de la stabilité de la vision et de l’état de la cornée. Une évaluation complète (topographie, aberrométrie, bilan du film lacrymal et mesure de la pupille) permet une décision d’opérer, et avec telle ou telle technique.
Lorsque tous les paramètres sont réunis, l’opération de l’astigmatisme au laser apporte au patient une correction durable et une excellente qualité visuelle. Et ce, quel que soit le degré initial du trouble.








